Gaston Fébus

Personnage historique

« Tout mon temps me suis délecté spécialement de trois choses : les armes, l’amour et la chasse. »


  

Gaston III de Foix-Béarn est né en 1331 au château de Moncade à Orthez, en Béarn.  Fils de Gaston II et d’Aliénor de Comminges. Sa langue maternelle est la langue d'Oc (autrement dit le béarnais), avec une devise "Tòcas-i se gausas" (Touches-y si tu oses), devise qui est toujours celle de sa ville natale.


En 1343, Gaston II étant mort à Séville, il succède à son père à l'âge de 12 ans sur des territoires morcelés : à l'ouest, les vicomtés de Béarn (situés de nos jours dans les Pyrénées-Atlantiques), de Marsan et de Gabardan (actuellement dans les Landes et le Gers) ; à l'est, le comté de Foix (actuellement l'Ariège), les Basses-terres albigeoises (une partie du Tarn actuel) et le Lautrec ; au milieu, le Nébouzan, autour de Saint-Gaudens (dans la Haute-Garonne). Sa mère assure la régence jusqu'à ses 14 ans.


On ne sait pas exactement pourquoi Gaston III prit le nom de « Fébus ». Sûrement par sa beauté physique évoquant le dieu grec, de sa blonde chevelure couleur soleil ou bien encore parce qu'il avait décidé de prendre l'astre du jour pour emblème personnel. Il orthographiait son surnom « Fébus », et non « Phœbus », car le phomène ph n'existe pas en béarnais. Physiquement, selon les écrits de son temps, Gaston Fébus est « beau, bien proportionné et de belle stature ». Il arbore un air riant, le regard vert et amoureux et, bien sûr, ses cheveux sont blonds. Gaston Fébus sera également parfois surnommé "le Lion des Pyrénées".  Sa renommée est redevable en partie au portrait qu'en a fait Jean Froissart dans ses « Chroniques » à l'occasion de son séjour à la cour d'Orthez entre 1388 et 1389.

En 1349 à Paris, Gaston Fébus épouse Agnès de Navarre. Un assez joli parti, Agnès étant la fille de Philippe III de Navarre et de Jeanne II, laquelle est une proche parente du roi de France.


 

La légende raconte que Gaston Fébus, qui était aussi troubadour à ses heures, aurait écrit pour sa dulcinée la fameuse chanson ”Aqueros Mountagnos ».

Gaston Fébus entretient des relations très délicates avec sa famille et a des conflits financiers violents avec son beau-père, le roi de Navarre.


 

En 1362, il repousse sa femme, qui venait de mettre au monde l'héritier, un fils unique. Suite a cette manière peu élégante, il se met à dos son beau frère, Charles de Navarre. Agnès de Navarre rejoint sa famille en Espagne. Il semble que Phébus éprouve quelques regrets après cette séparation : il rédige alors la célèbre « Se canto », où un oiseau sous sa fenêtre chante pour sa mie qui est loin de lui et où ces fières montagnes si hautes l’empêchent de voir son amour.


 

Fébus, qui a déjà fait tuer son frère naturel, Pierre Arnaud, jette en prison son enfant unique qui, comme lui, se prénomme Gaston. Certains pensent que ce dernier aurait essayé de l’empoisonner.


 

Au cours de l'été 1380, alors que Fébus rend visite à son fils enfermé dans la tour d’Orthez, il perd son sang froid et lui porte un coup de canif mortel à la gorge, faisant ainsi disparaître son seul héritier direct.

À la suite de cet acte pitoyable, Fébus se réfugie au château de Pau où il entreprend l'écriture du "Livre des Oraisons", un recueil de prières, rédigées pour la plupart en français, et dans lesquelles il demande pardon à Dieu pour la mort de son fils.


En Béarn, le lieu de résidence privilégié de Gaston Fébus reste le château Moncade d'Orthez. Il y installe une cour fastueuse. Musiciens, ménestrels, jongleurs, chanteurs, conteurs et danseurs donnent aux dîners de Gaston une réputation internationale. Le château d'Orthez est alors un des hauts lieux de la musique, de la poésie et de la culture tant européenne, qu’occitane.


    

Sur le plan politique, il est ambitieux, profite des conflits entre les monarchies françaises et anglaise (Édouard III d'Angleterre) pour revendiquer une autonomie pour le Béarn.  Le 26 septembre 1347, il reconnaît son allégeance au roi de France pour le comté de Foix, mais il déclare que le Béarn est neutre dans les conflits de France.

Il déclare solennellement à l’envoyer du roi : "Je ne tiens mon pays de Béarn que de Dieu et de mon épée !"


 

Plus tard, Fébus refusera également de rendre hommage au duc d’Aquitaine (donc roi d’Angleterre), se réfugiant derrière des arguments juridiques dont l’authenticité était plus que douteuse.

Afin que le Béarn conserve une parfaite indépendance vis-à-vis de ses puissants voisins, Gaston Fébus fait construire de nouvelles places fortes et restaure les plus anciennes pour protéger son territoire.

Alors que les rois de France et d'Angleterre sont en conflit, il parvient à rester assez neutre. Ces domaines furent donc relativement épargnés des désastres de la Guerre de Cent Ans.


En 1356, Fébus part en Europe du nord. Au sein des Chevaliers Teutoniques, il combat les païens en Prusse.


En 1358, il participe en France à la répression de la grande Jacquerie (soulèvement paysan) et s'illustre lors de divers faits d'armes. La bravoure de Gaston Fébus est alors saluée et célébrée par les chroniqueurs de l'époque.


 

En 1362, le comte d'Armagnac manifeste des prétentions sur le Béarn et surtout la Bigorre qui est un point stratégique dans les Pyrénées. Les deux familles entre en guerre.

En décembre 1362, lors de la bataille de Launac, les troupes de Fébus remportent une victoire totale. Capturés, les chefs Armagnacs sont libérés contre une grosse rançon.

Cet argent ainsi récolté est utilisé pour entretenir la cour de Gaston et surtout pour la construction d'édifices militaires sur tout son territoire, du Béarn jusqu’à la ville de Foix. Fébus fait élever ou consolider notamment les tours ou forteresses de Sauveterre, Morlanne, Orthez, Pau, Montaner, Mauvezin, Mazères, Foix ou Bellocq.

Fébus, fait de Mazères sa ville préférée dans le Comté de Foix. Son château construit en 1365 entre l’Hers et la porte de Belpech est incendié accidentellement en 1493, restauré en 1554 et 1580, et définitivement détruit ainsi que les remparts de la ville à la fin des guerres de Religion en 1633. 


La politique autocrate de Gaston Fébus va beaucoup profiter à l'essor économique du Béarn et il réussit presque la création d'un véritable royaume pyrénéen, du comté de Foix jusqu'à la Soule. Il consacre beaucoup de temps à l’administration de ses terres sur lesquelles le servage n’a pas cours. Il demande un recensement des feux (foecs ) du Béarn, que l’on appellera le "Dénombrement de 1385".


  

Aussi écrivain de langue française et un auteur de poésies en langue d'oc.

Entre 1387–1389, il édite en béarnais son "Livre de Chasse".

Considéré comme un des plus grands chasseurs de son temps, Gaston Fébus va léguer ce manuscrit fortement illustré sur la vénerie, se fondant sur l’observation précise de différents genres d’animaux et magnifiquement illustré d’enluminures. Ce livre reste un témoignage précieux sur l’histoire culturelle du Moyen-Âge.

Rédige le "Livre des Oraisons", un recueil de prières rédigées.


 

Sa mort résume sa vie: il est mort d'hydrocution le 2 août 1390, après une chasse à l'ours.

Il est alors âgé de 60 ans. Il est porté à l’hôpital d’Orion, près de Sauveterre-de-Béarn, mais meurt dans les heures qui suivent. Son corps est transféré puis inhumé au couvent des Jacobins d’Orthez.